Les habits neufs de l'empereur
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: Ajouté le 10/11/2008 à 23:28
LES HABITS NEUF DE L,EMPEREUR
Il y a de longues années, vivait un empereur qui
aimait plus que tout les habits neufs, qu'il dépensait
tout son argent pour être bien habillé. Il ne se
souciait pas de ses soldats, ni du théâtre, ni de ses
promenades dans les bois, si ce n'était pour faire le
montre de ses vêtements neufs. Il avait un costume pour
chaque heure de chaque jour de la semaine et tandis qu'on
dit habituellement d'un roi qu'il est au conseil, on
disait toujours de lui: "L'empereur est dans sa
garde-robe!"Dans la grande ville où il habitait,
la vie était gaie et chaque jour beaucoup d'étrangers
arrivaient. Un jour, arrivèrent deux escrocs qui
affirmèrent être tisserands et être capables de
pouvoir tisser la plus belle étoffe que l'on pût
imaginer. Non seulement les couleurs et le motif seraint
exceptionnellement beaux, mais les vêtements qui en
seraient confectionnés posséderaient l'étonnante
propriété d'être invisibles aux yeux de ceux qui ne
convenaient pas à leurs fonctions ou qui étaient
simplement idiots.
"Ce serait des vêtements précieux", se dit
l'empereur. "Si j'en avais de pareils, je pourrais
découvrir qui, de mes sujets, ne sied pas à ses
fonctions et départager les intelligents des imbéciles
! Je dois sur le champ me faire tisser cette
étoffe!" Il donna aux deux escrocs une avance sur
leur travail et ceux-ci se mirent à l'ouvrage.
Ils installèrent deux métiers à tisser, mais ils
firent semblant de travailler car il n'y avait absolument
aucun fil sur le métier. Ils demandèrent la soie la
plus fine et l'or le plus précieux qu'ils prirent pour
eux et restèrenet sur leurs métiers vides jusqu'à bien
tard dans la nuit.
"Je voudrais bien savoir où ils en sont avec
l'étoffe!", se dit l'empereur. Mais il se sentait
mal à l'aise à l'idée qu'elle soit invisible aux yeux
de ceux qui sont sots ou mal dans leur fonction. Il se
dit qu'il n'avait rien à craindre pour lui-même, mais
préféra dépêcher quelqu'un d'autre pour voir comment
cela se passait. Chacun dans la ville connaissait les
qualités exceptionnelles de l'étoffe et tous étaient
avides de savoir combien leur voisin était inapte ou
idiot.
"Je vais envoyer mon vieux et honnête ministre
auprès des tisserands", se dit l'empereur. "Il
est le mieux à même de juger de l'allure de l'étoffe;
il est d'une grande intelligence et personne ne fait
mieux son travail que lui!"
Le vieux et bon ministre alla donc dans l'atelier où
les deux escrocs étaient assis, travaillant sur leurs
métiers vides. "Que Dieu nous garde!", pensa
le ministre en écarquillant les yeux. "Je ne vois
rien du tout!" Mais il se garda bien de le dire.
Les deux escrocs l'invitèrent à s'approcher et lui
demandèrent si ce n'étaient pas là en effet un joli
motif et de magnifiques couleurs. Puis, ils lui
montrèrent un métier vide. Le pauvre vieux ministre
écarquilla encore plus les yeux, mais il ne vit toujours
rien, puisqu'il n'y avait rien. "Mon Dieu,
pensa-t-il, serais-je sot? Je ne l'aurais jamais cru et
personne ne devrait le savoir! Serais-je inapte à mon
travail? Non, il ne faut pas que je raconte que je ne
peux pas voir l'étoffe.
"Eh bien, qu'en dites-vous ?", demanda l'un
des tisserands.
"Oh, c'est ravissant, tout ce qu'il y a de pklus
joli !", répondit le vieux ministre, en regardant
au travers de ses lunettes. "Ce motif et ces
couleurs! Je ne manquerai pas de dire à l'empereur que
tout cela me plaît beaucoup!"
"Nous nous en réjouissons!", dirent les
deux tisserands. Puis, ils nommèrent les couleurs et
discutèrent du motif. Le vieux ministre écouta
attentivement afin de pouvoir lui-même en parler
lorsqu'il serait de retour auprès de l'empereur; et
c'est ce qu'il fit.
Les deux escrocs exigèrent encore plus d'argent, plus
de soie et plus d'or pour leur tissage. Ils mettaient
tout dans leurs poches et rien sur les métiers; mais ils
continuèrent, comme ils l'avaient fait jusqu'ici, à
faire semblant de travailler.
L'empereur envoya bientôt un autre honnête
fonctionnaire pour voir où en était le travail et quand
l'étoffe serait bientôt prête. Il arriva à cet homme
ce qui était arrivé au ministre: il regarda et regarda
encore, mais comme il n'y avait rien sur le métier, il
ne put rien y voir.
"N'est-ce pas là un magnifique morceau
d'étoffe?", lui demandèrent les deux escrocs en
lui montrant et lui expliquant les splendides motifs qui
n'existaient tout simplement pas.
"Je ne suis pas sot, se dit le fonctionnaire; ce
serait donc que je ne conviens pas à mes fonctions? Ce
serait plutôt étrange, mais je ne dois pas le laisser
paraître!" Et il fit l'éloge de l'étoffe, qu'il
n'avait pas vue, puis il exprima la joie que lui
procuraient les couleurs et le merveilleux motif.
"Oui, c'est tout-à-fait merveilleux!", dit-il
à l'empereur.
Dans la ville, tout le monde parlait de la magnifique
étoffe, et l'empereur voulu la voir de ses propres yeux
tandis qu'elle se trouvait encore sur le métier.
Accompagné de toute une foule de dignitaires, dont le
ministre et le fonctionnaire, il alla chez les deux
escrocs, lesquels s'affairaient à tisser sans le moindre
fil.
"N'est-ce pas magnifique?", dirent les deux
fonctionnaires qui étaient déjà venus. "Que Votre
Majesté admire les motifs et les couleurs!" Puis,
ils montrèrent du doigt un métier vide, s'imaginant que
les autres pouvaient y voir quelque chose.
"Comment!, pensa l'Empereur, mais je ne vois
rien! C'est affreux! Serais-je sot? Ne serais-je pas fait
pour être empereur? Ce serait bien la chose la plus
terrible qui puisse jamais m'arriver."
"Magnifique, ravissant, parfait, dit-il
finalement, je donne ma plus haute approbation!" Il
hocha la tête, en signe de satisfaction, et contempla le
métier vide; mais il se garda bien de dire qu'il ne
voyait rien. Tous les membres de la suite qui l'avait
accompagné regardèrent et regardèrent encore; mais
comme pour tous les autres, rien ne leur apparût et tous
dirent comme l'empereur: "C'est véritablement très
beau !" Puis ils conseillèrent à l'Empereur de
porter ces magnifiques vêtements pour la première fois
à l'occasion d'une grande fête qui devrait avoir lieu
très bientôt.
Merveilleux était le mot que l'on entendait sur
toutes les lèvres, et tous semblaient se réjouir.
L'empereur décora chacun des escrocs d'une croix de
chevalier qu'ils mirent à leur boutonnière et il leur
donna le titre de gentilshommes tisserands.
La nuit qui précéda le matin de la fête, les
escrocs restèrent à travailler avec seize chandelles.
Tous les gens pouvaient se rendre compte du mal qu'ils se
donnaient pour terminer les habits de l'empereur. Les
tisserands firent semblant d'enlever l'étoffe de sur le
métier, coupèrent dans l'air avec de gros ciseaux,
cousirent avec des aiguilles sans fils et dirent
finalement: "Voyez, les habits neufs de l'empereur
sont à présent terminés !"
"Voyez, Majesté, voici le pantalon, voilà la
veste, voilà le manteau!" et ainsi de suite.
"C'est aussi léger qu'une toile d'araignée; on
croirait presque qu'on n'a rien sur le corps, mais c'est
là toute la beauté de la chose!"
"Oui, oui !", dirent tous les courtisans,
mais ils ne pouvaient rien voir, puisqu'il n'y avait
rien.
"Votre Majesté Impériale veut-elle avoir
l'insigne bonté d'ôter ses vêtements afin que nous
puissions lui mettre les nouveaux, là, devant le grands
miroir !"
L'empereur enleva tous ses beaux vêtements et les
escrocs firent comme s'ils lui enfilaient chacune des
pièces du nouvel habit qui, apparemment, venait tout
juste d'être cousu. L'empereur se tourna et se retourna
devant le miroir.
"Dieu ! comme celà vous va bien. Quels dessins,
quelles couleurs", s'exclamait tout le monde.
"Ceux qui doivent porter le dais au-dessus de
Votre Majesté ouvrant la procession sont arrivés",
dit le maître des cérémonies.
"Je suis prêt", dit l'empereur.
"Est-ce que cela ne me va pas bien ? Et il en se
tourna encore une fois devant le miroir, car il devait
faire semblant de bien contempler son costume.
Les chambellans qui devaitn porter la traîne du
manteau de cour tâtonnaient de leurs mains le parquet,
faisant semblant d'attraper et de soulever la traîne.
Ils allèrent et firent comme s'ils tenaient quelque
chose dans les airs; ils ne voulaient pas risquer que
l'on remarquât qu'ils ne pouvaient rien voir.
C'est ainsi que l'Empereur marchait devant la
procession sous le magnifique dais, et tous ceux qui se
trouvaient dans la rue ou à leur fenêtre disaient:
"Les habits neufs de l'empereur sont admirables !
Quel manteau avec traîne de toute beauté, comme elle
s'étale avec splendeur !" Personne ne voulait
laisser paraître qu'il ne voyait rien, puisque cela
aurait montré qu'il était incapable dans sa fonction ou
simplement un sot. Aucun habit neuf de l'empereur n'avait
connu un tel succès.
"Mais il n'a pas d'habit du tout !", crai
petit enfant dans la foule.
"Éntendez la voix de l'innocence!", dit le
père; et chacun murmura à son voisin ce que l'enfant
avait dit.
Puis la foule entière se mit à crier: "Mais il
n'a pas d'habit du tout!" L'empereur frisonna, car
il lui semblait bien que le peuple avait raison, mais il
se dit: "Maintenant, je dois tenir bon jusqu'à la
fin de la procession." Et le cortège poursuivit sa
route et les chambellans continuèrent de porter la
traîne, qui n'existait pas.
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